A l'approche de l'élection interne, les candidats ont tendance à chercher à répondre aux attentes des militants. Mais est-ce le moment de se bercer d'utopie ou faut-il être plutôt pragmatique ? Le dernier sondage paru dans Marianne correspond vraiment au ressenti général : le FN reste encore très haut dans l'opinion. On le voit pour la présidentielle mais cela sera vrai dans les départements mais aussi dans les régions.

Oui les élections à venir vont être difficiles et il ne faut pas regarder les municipales pour se rassurer mais plutôt regarder les scores aux européennes (juste avant l'affaire Bygmalion) pour s'interroger. Si je comprends l'envie des militants d'aller se présenter aux élections pour défendre des valeurs qui nous sont propres, il faut comprendre que cela peut faire perdre la droite. Sans élu, il est difficile d'exister. A trop vouloir être indépendant, sans attache, on risque de ressembler au Modem, c'est-à-dire à un parti avec trop peu d'élus (ce qui est dommage quand on connait la qualité de certains Modem) pour peser.

Le vote utile va être utilisé à toutes les sauces et par tous les partis. Cela marchera car il sera confronté aux sondages. Là, il y a un vrai risque. Donc ne promettons pas aux militants le grand soir mais plutôt préparons l'avenir et cela prend du temps. L'UDI est comme un jeune sportif : à vouloir aller trop vite, on peut se cramer. Construisons les fondations d'un parti politique durable, bâtissons un parti qui cherche et trouve des solutions, qui forme et accompagne ses militants. Créons les étoiles montantes et non des étoiles filantes qui ne font que passer le temps d'une élection.

Le Modem en se présentant toujours seuls aux élections à prouver que cela ne fonctionnait pas (cela aurait pu mais c'est compliqué avec des élections à deux tours). D'ailleurs c'est en se présentant avec l'UDI sur une élection unique (seule l'élection européenne est à la proportionnelle à un tour) que le Modem a réussi son meilleur résultat mais pour le reste…

J'entends bien l'argument simple qui dit : chacun pour soi au premier tour, puis on se retrouve au second. Mais si le centre et la droite sont battus, que fait-on ? Et puis pour peser (soit sur la composition ou sur le programme), il faut être en mesure de se maintenir, cela veut dire dépasser les 10 %. Ce qui n'est pas impossible mais qui devient compliqué avec un très fort FN.

Cela ne veut pas dire que nous devons jouer les forces d'appoint de l'UMP ou nous asseoir sur un strapontin en attendant que l'on nous appelle. Non surtout pas. Cela veut simplement dire que nous ne sommes pas encore près et/ou que le moment n'est pas encore arrivé. Préparons-nous, préparons les futurs élus mais ne les dégoutons pas en les envoyant au front trop tôt.

Les plus belles cathédrales ont été construites en plusieurs décennies et sur des fondations solides.

Photo de lancement de l'UDI en octobre 2012 avec Jean Louis Borloo

Photo de lancement de l'UDI en octobre 2012 avec Jean Louis Borloo

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