bayrou.jpgDistancé par le duo Hollande – Sarkozy, dépassé par le couple Mélenchon – Le Pen, François Bayrou se retrouve en 5 ème position dans de nombreux sondages. C’est dur à accepter pour les militants mais cela s’explique par sa stratégie mais aussi par le comportement des Français. La troisième voie, la voie centrale, ne convient guère plus. Les Français ont de la sympathie pour l’homme mais ils ne déclarent pas voter pour lui. Est-ce dû à son manque de clarté sur son soutien au second tour ?
 
Autant, il pouvait espérer être au second tour, il y a quelques semaines, autant cela parait fort improbable aujourd’hui car il faudrait dépasser 3 candidats et surtout refaire le retard important qui le sépare des deux premiers. François Bayrou est le seul candidat majeur à ne pas avoir dit ce qu’il ferait en cas de non présence au second tour. Marine Le Pen a annoncé qu’elle ne donnerait pas de consigne de vote, Jean-Luc Mélenchon a clairement dit qu’il fallait battre la droite. François Bayrou a juste dit qu’il se positionnerait. Ce n’est pas suffisant.
 
D’ailleurs, si on regarde bien, c’est le seul des candidats à ne pas s’être exprimé : Poutou et Artaud sont pour mettre Sarkozy dehors, Dupont-Aignan ne donnera pas de consignes, Eva Joly soutiendra Hollande et même Jacques Cheminade a dit qu’il ne voterait pas pour Sarkozy. Au passage, les réserves de voix pour le président sortant ne sont pas nombreuses.
 
L’autre explication est la radicalisation de l’offre politique et le marquage fort de chaque candidat. Avec sa proposition symbolique de l’impôt à 75%, François Hollande s’est bien marqué à gauche, tandis que le leader du Front de Gauche est lui encore plus marqué à gauche. Nicolas Sarkozy s’est bien marqué à droite avec ses positions sur l’immigration et il est dépassé sur sa droite par une Marine Le Pen bien marquée. Par contre, François Bayrou n’a pas de mesures phares, audibles. Il n’a pas de marqueurs indélébiles dont se souviennent les Français. C’est le problème des centristes qui font toujours des propositions raisonnées donc complexes et ainsi moins populistes, moins marquantes.
 
C’est aussi là que l’on voit l’importance de relais de terrain, d’élus connus localement. Ce réseau manque cruellement à François Bayrou. Le MODEM est d’ailleurs obligé de travailler seul pour le moment car on ne sait pas qui sera soutenu par François Bayrou au second tour. Vu que la présidentielle est râpée, il faudrait peut-être que le Modem prépare les législatives avec ses futurs partenaires (de gauches, de droites ou du centre) et pour cela il est nécessaire que le Béarnais explicite au plus vite sa position. Plus, il tardera, plus localement les accords seront difficiles à trouver.
 
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