baillon.jpgQuelle hypocrisie ! Alors que le PS avait dit que dès la fin 2011, les sénateurs élus ne cumuleraient plus, qu’une fois les députés PS seraient majoritaires, une loi sur le non-cumul entrerait directement en vigueur, on apprend qu’une dérobade se prépare. On s’oriente sur un vote en 2013 pour une application …. mi 2016. Au lieu de laver plus blanc que blanc, le PS laisse entendre que c’est à cause de l’opposition mais il s’agit juste d’une fourberie. Quelques explications s’imposent.
 
Le contexte : Premièrement, le non cumul est une promesse de campagne et une attente de la population qui a l’impression que cela permettra aux élus de mieux les défendre. Deuxièmement, une grande partie du PS y tient.
 
Le premier hic : Alors bien que la loi passerait le cap de l’Assemblée Nationale, il y a un risque fort que le Sénat recale encore un projet gouvernemental. Les députés ayant le dernier mot, la loi serait tout de même votée.
 
Le second hic : Si la loi s’applique, les députés PS devront choisir entre leur poste de député et celui de maire, président de Conseil Régional ou Président de Conseil Général. Cela provoquera des élections partielles dans chaque circonscription où le poste de député sera abandonné au profit d’un mandat local. Or le PS a bien compris que cela entrainerait la perte de nombre siège car les élections partielles seraient des élections sanctions. Par ricochet, le PS perdrait sûrement la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Aie ! Avoir des convictions, c’est bien mais cela peut coûter trop cher au PS pour être mis en application. Comme quoi, le PS tient à ses convictions …
 
Une issue bouchée : Pour masquer son mal-être, le PS propose donc un changement de constitution pour que les suppléants puissent remplacer les députés en cas de la loi sur les cumuls. Cela passe par une ratification des 2/3 des parlementaires. Or le PS en est loin. Donc la tentation est de dire : si l’opposition vote le projet alors nous le ferons passer (même démarche pour le vote des étrangers). De là à dire que c’est l’opposition qui bloque le système, il n’y a qu’un pas alors que le PS n’a qu’à assumer ses promesses.
 
La solution probable : il n’y a pas d’élection partielle un an avant le renouvellement de l’Assemblée Nationale (en juin 2017). Donc, si le PS fait appliquer la loi en juin 2016 alors il ne perdra pas la main sur le palais Bourbon.
 
Quand les valeurs s’opposent à la réalité, quand les promesses d’un candidat se heurtent à la volonté de pouvoir d’un président, quand les calculs électoraux prennent l’ascendant sur les besoins électoraux s’est la politique qui souffre. Alors je rêve d’entendre le Président de la République dire : « le non-cumul, c’est maintenant » car aujourd’hui c’est la désillusion et le rejet de la classe politique !
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