1190620980.jpgManuel Valls vient d’annoncer qu’il allait faciliter les procédures d’acquisition de nationalité française : plus besoin d’être en CDI pour obtenir la nationalité, plus besoin de passer un test QCM pour assurer de la connaissance et la compréhension du Français. Il y a trois points qui m’interpellent : le jour de l’annonce, le fond des mesures et savoir si une mesure en remplace une autre.

 

Premièrement, le jour. Le gouvernement est à la peine à l’Assemblée Nationale au sujet des augmentations d’impôts qui toucheront beaucoup de foyers contrairement aux annonces du premier ministre.  Il faut faire de la diversion. Pour que les Français ne s’intéressent pas au doublement de la taxe d’accise (sur la bière), à la taxe sur les boissons énergisantes, etc… il faut faire de la prestidigitation ou parler de sujets qui clivent. Aujourd’hui on apprend que la loi concernant le mariage pour tous sera étudiée plus tard et Manuel Valls annonce revoir les règles d’acquisition de la nationalité.

 

Deuxièmement, le fond. Faut-il faciliter l’accès à la nationalité ? Aujourd’hui, il faut 5 ans de résidence en France (sauf cas particulier qui diminue ou supprime la durée de résidence), un job en CDI et remplir un QCM portant sur la France. Evidemment, il y a aussi une question d’intégration à la vie locale mais cela reste à l’appréciation de l’administration. Donc, Manuel Valls veut supprimer le QCM, tout en demandant aux potentiels Français d’avoir au moins un niveau d’un élève de troisième. Va-t-on demander des choses sans s’assurer ? Si oui, demandons aux Français de respecter le code de la route et enlevons les radars.

 

Troisièmement, un clou chasse-t-il l’autre ? Comme le gouvernement ne pourra pas tenir l’engagement 50 de François Hollande (le droit de vote des étrangers aux élections municipales) sans passer par un référendum très risqué, faciliter l’accès à la nationalité peut permettre au gouvernement de faire passer la pilule d’un renoncement supplémentaire. En effet, s’on obtient la nationalité, on peut évidemment voter.

 

Quelles que soient les idées et les arrières pensées de Manuel Valls, il serait intéressant de ne pas prendre des décisions de manières discrétionnaires par une circulaire mais bien de permettre un débat public et que les parlementaires s’emparent de ce débat.

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