baillon.jpgCertains candidats multiplient les déclarations en fixant des objectifs chiffrés pour l’immigration. Ils se basent sur le nombre de titres de séjour délivrés pour déterminer le nombre de nouveaux entrants sur le territoire. En 2011, 182 000 titres de séjours ont été accordés. Un titre de séjour a en général une durée d’un an (durée maximale pour la plus part des titres de séjour) et est renouvelable.
 
Par exemple, un étudiant qui viendrait réaliser ses études post-bac en France pour devenir médecin à besoin 8 titres de séjour et donc sera considéré 8 fois comme nouvel entrant. Cela veut dire que lorsqu’en 2010, l’Etat délivre plus de 35 000 titres de séjour étudiants, ce n’est évidemment pas 35 000 nouveaux entrants.
 
De même, les personnes qui possèdent un titre de séjour « vie privé et familiale » doivent renouveler leur titre de séjour tous les ans. Ce sont des milliers de personnes, voire des dizaines de milliers qui sont dans ce cas. Là encore, cela gonfle les chiffres de titres de séjour sans pour autant avoir un impact sur le nombre de nouveaux migrants.
 
En réalité, les chiffres n’ont pas d’importance. L’importance réside plus dans les critères que l’on fixe pour l’accueil des nouveaux arrivants, pour le regroupement familial. On peut durcir les règles et parfois c’est même nécessaire. J’ai encore en tête le visage de cette jeune fille ne parlant pas un mot de Français, n’ayant jamais été scolarisé et arrivant avec ces 5 frères et sœurs, dans le même cas, dans le cadre d’un regroupement familial et cherchant une formation pour devenir aide soignante.
 
Là, il y a un problème tout comme il y a un problème quand des habitants étrangers remplissant pourtant toutes les conditions nécessaires ne se voient pas renouveler leur titre de séjour à temps et se retrouvent de ce fait en danger dans leur travail et tout ce qui en découle. Surtout que si l’on demande une baisse de titre de séjour, on va pousser les préfectures à refuser des renouvellements et pousser des familles à travailler au noir et faire le bonheur d’employeurs peu scrupuleux.
 
Alors arrêtons de se fixer des objectifs chiffrés (comme pour les expulsions). Fixons une politique claire, qui peut être plus restrictive mais qui ne doit pas être ciblée sur un objectif médiatique.
 
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