plume.gifIl ne faut pas s’étonner que les électeurs boudent de plus en plus la politique. Les idées ne sont plus développées et seuls les messages offensants occupent la scène publique. UMP et PS rivalisent de mauvais mots pour squatter la scène médiatique. Ainsi les autres candidats ne peuvent guère faire l’actualité sans tomber dans l’ineptie et la provocation, ce qui n’est pas forcément leur envie, leur méthode et leur image de la politique. 
 
Lorsque Claude Guéant énonce que « toutes les civilisations ne se valent pas », cela fait écho aux propos de Jean-Marie Le Pen « il y a inégalité des races, comme il y a inégalité des civilisations » et la « guerre de civilisation » menée par Georges W.Bush dans les pays musulmans. On ne peut pas imaginer une seule seconde que Claude Guéant a utilisé le mot « civilisation » sans savoir ce que cela provoquerait.
 
Claude Guéant a aussi dit qu’il fallait « protéger notre civilisation ». La France s’est construite par enrichissement progressif. En effet, à chaque fois, nos us et coutumes ont évolué avec les arrivées (désirées ou subies) d’étrangers sur le territoire. Les Romains, les Grecs, les Arabes et les Vikings ont chacun apporté durant le premier millénaire. Ensuite, durant le second millénaire, l’histoire se répète. La France serait-elle la même sans la Renaissance qui trouve ces sources en Italie ? Les exemples culturelles sont multiples et trop nombreux pour être listés.
 
Des millions de personnes passent chaque année devant l’Arc de Triomphe, devant l’Obélisque de la Concorde. Chaque jour nous utilisons des chiffres arabes. Nous mangeons des plats venant du monde entier. Notre civilisation est le fruit de l’enrichissement mutuel. Comme le dit Claude Guéant, il faut protéger ce modèle qui ne regarde l’autre avec un regard suspicieux mais avec l’envie d’apprendre et de s’enrichir (culturellement évidemment). Oui, le mélange des cultures est une chance et il faut que notre civilisation en profite comme elle l’a toujours fait.
 
Ce n’est évidemment pas ce que voulait dire le ministre de l’Intérieur. Dans un monde en mouvement, une société qui n’évoluerait pas, serait vouée à la perdition.
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