contro.jpgLa semaine s’annonce chargée. Aujourd’hui, c’était la remise du rapport Gallois. Mercredi, le projet de loi concernant le mariage pour tous sera examiné en conseil des ministres puis vendredi, c’est Lionel Jospin qui remettra son rapport sur la moralisation de la vie publique. Un projet économique, un projet sociétal et un projet moral, cela fait trois sujets d’importance traités dans le même intervalle. Si j’étais taquin, je dirais que le calendrier de deux sujets a été calé sur le rapport Gallois.

 

Le côté stratégique du calendrier est réel. « Le mariage pour tous » divise les Français et générera beaucoup plus de commentaires que les mesures économiques. Hormis ce joli … hasard du calendrier, qu’en est-il du fond ? Faut-il permettre le mariage pour tous et ainsi l’adoption ?

 

En parlant de fond, certains l’ont touché à propos de ce débat. Il est ridicule de dire que la loi sera abrogée si la droite revenait au pouvoir en 2017. Elle n’a pas remis en cause le PACS en 2002 alors qu’elle l’avait combattu férocement. De plus, légalement, il serait impossible de casser les mariages déjà célébrés. Qu’il y ait un débat interne à l’UMP, c’est très bien mais cela ne permet pas de dire n’importe quoi !

 

Derrière le débat sur le mariage, il y a deux points d’achoppement : l’adoption et la connotation religieuse du mariage. On va tout de suite évacuer ce sujet. Certains  préféreraient que le texte de loi ne parle plus de mariage mais d’union civile pour tous. C’est une question de sémantique qui ne s’appuie que sur un côté subjectif. Devra-t-on dire que l’on s’unie à la mairie et que l’on se marie (pour ceux qui le souhaitent) dans un lieu religieux ? Pourquoi pas.

 

La question de l’adoption est plus sensible et pourtant elle se pose dès aujourd’hui car des milliers d’enfants vivent aujourd’hui dans des familles homosexuelles. Ces enfants ont aussi le droit à une protection car si le parent légal décède,  ils se retrouvent directement à la case DDAS. Ainsi ils perdent leurs deux parents d’un coup.

 

Les opposants à l’adoption présentent de nombreux arguments dont la biologie et l’équilibre de l’enfant. Biologiquement, il faudrait un père et une mère. En réalité, il faut un géniteur et une génitrice (on pourrait même descendre au spermatozoïde et à l’ovocyte II). Le côté père et mère se définit plutôt par le couple éducateur.

 

Nous pourrions en débattre : si un enfant est élevé pendant une trentaine d’année par un homme qui s’avère au final ne pas être le père de l’enfant (c’est le cas pour 1 enfant sur 30 dans le monde, d’après une étude anglaise), qui doit-être considéré comme le père : le géniteur ou l’homme qui a élevé l’enfant ?  

 

L’équilibre de l’enfant est souvent mis en cause. Etrangement, alors qu’aucune étude n’a démontré que les enfants élevés par des couples homosexuels n’étaient plus déséquilibrés que la moyenne, certains continuent à user de cet argument. Pourtant ces personnes ne s’attaquent pas aux familles monoparentales ou aux familles recomposées (mince un enfant peut avoir jusqu’à 4 parents). Oui le côté passionnel prend le dessus. C’est dommage mais logique. Le sujet touche tellement à nos us et coutumes qu’il en devient ultra-sensible.

 

La question que l’on doit se poser clairement, c’est celle du bien-être de l’enfant que tout le monde fait parler sans que celui-ci ait son mot à dire. Faut-il laisser ces enfants dans des foyers à l’étranger (80% des enfants adoptés en France proviennent d’une adoption internationale).  Les principaux pays d’origine des adoptés en France sont la Russie, L’Ethiopie, la Colombie et le Vietnam. Faut-il laisser les enfants élevés par des couples homosexuels n’avoir qu’un seul parent légal ?

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