caducee.jpgLe tiers payant est une chose magnifique. Vous allez à la pharmacie, chez l’opticien (selon votre mutuelle), faire des examens complémentaires et vous ressortez avec vos produits médicaux ou un examen sans avoir déboursé un euro. La sécurité sociale et les mutuelles s’occupent des frais. La ministre de la santé souhaite généraliser le système à la consultation chez le médecin. Autant, il s’agit d’une facilité réellement agréable pour le patient, autant je suis contre.

 

Aller chez le médecin, consommer des médicaments, cela a un prix et ce n’est pas un acte classique. Hélas, en donnant l’impression que l’acte est gratuit, c’est l’impression que l’on a lorsque l’on ne paye pas, on banalise le recours à la médecine. Alors que les comptes de la sécurité sociale sont toujours dans le rouge, le gouvernement va déresponsabiliser les patients et les inciter donc à plus consommer la médecine au lieu de mieux l’utiliser.

 

Déresponsabiliser, le mot est lâché. En effet, si vous ne payez pas, vous ne savez pas ce que coûte ce que vous consommez. Dès aujourd’hui, qui est capable de donner le prix d’un médicament prescrit par le médecin ? Celui qui n’a pas de mutuelle et qui ne bénéficie pas de la CMU ou de la CMUC, me direz-vous. Mais hormis ces personnes-là, qui ? Pourtant ce n’est pas rien et parfois cela ce compte en dizaines d’euros (voire en centaines pour certains médicaments). Si la ministre de la santé généralise le tiers-payant, plus personne n’avancera un centime donc ne se rendra compte des sommes engagées.

 

On pourrait évoquer les délais de paiements pour les professionnels de santé qui risquent de se rallonger mais l’idée n’est pas là. Il faut que les patients se rendent bien compte des dépenses occasionnées (cela permet aussi de se rendre compte de la chance que nous avons de bénéficier de notre système de santé).

 

Au lieu de créer une virtuelle gratuité, ne pourrait-on pas créer un système de remboursement immédiat. Ainsi en lisant la carte vitale, le terminal de paiement électronique (le lecteur de carte) pourrait émettre un avis de virement du montant de la consultation à la sécurité sociale. Non seulement, le patient sort de l’argent et garde conscience du coût de la médecine mais dans le même temps, la transaction est neutre pour son compte en banque. Nul ne serait donc exclu du parcours de soin.

 

Donc non, à la généralisation du tiers payant qui créerait une gratuité virtuelle de la médecine et qui déresponsabiliserait encore les Français !

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