Suite au drame qui a eu lieu hier à Toulouse, les candidats ont quasiment tous décidé de suspendre leur campagne. Cet assassinat abject a poussé les présidentiables à prendre officiellement du recul. Mais peut-on et doit-on réellement mettre « sur pause » la vie politique à chaque fois qu’un homme décidera de commettre un acte odieux entrainant la mort d’hommes, de femmes ou d’enfants ?

 

Peut-on le faire ? Consciemment et inconsciemment non. En effet, même si l’on réalise moins de médias, les documents continuent d’être imprimés, les affiches d’être collées, les réactions d’hommes publiques sont toujours écoutées et chaque mot doit être pesé. Les hommes et les femmes qui se présentent n’ont en ce moment qu’une idée en tête, qu’un objectif : réaliser le meilleur score possible le 22 avril. Ils ne vont pas risquer de casser une dynamique de campagne.

 

Doit-on le faire ? Malgré l’émotion suscitée, il ne semble pas logique de suspendre la vie publique. Si demain, il y avait récidive mais qu’une autre communauté soit visée, alors les politiques devraient aussi suspendre leur campagne, à moins de s’attirer les foudres de cette communauté. Le monde continue de tourner (même s’il ne tourne vraiment pas rond) malgré les faits horribles d’un tueur qui ne mérite pas que les hommes politiques lui fassent l’honneur de s’arrêter à cause de lui.

 

En écrivant ces mots, j’ai évidemment une pensée pour toutes les personnes qui subissent la folie d’un homme qui leur a enlevé un frère, une sœur, un père, un mari, un fils ou une fille. Je n’ose imaginer l’état qui serait le mien si demain, on venait m’apprendre qu’un fou a tué ma femme et / ou mes enfants.

 

S’il ne faut pas récupérer politiquement ces meurtres, il est nécessaire de faire continuer la vie publique. La terreur ne doit pas gagner.

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